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Beethoven: 9ième symphonie

Archives > 2012-2013

BEETHOVEN

    Symphonie N° 9 en Ré mineur
               opus 125

             Direction:  Michel LEFORT

Dimanche 4 novembre 2012,    
Halle Pierre de Coubertin, CANET

Concert présenté par un invité exceptionnel:  Frédéric LODEON chef  d'orchestre et animateur radio. Il est le seul français a avoir remporté le concours international Mstislav Rostropovitch

LES SOLISTES


Danielle STREIFF

Anne PAREUIL

Jean-Pierre TORRENT: Ténor
Joseph GUILLOT: Baryton

LES CHOEURS

Ensemble Polyphonique de Perpignan direction Mireille MORBELLI   
Le Choeur Osmose de Saint-Genis des Fontaines direction Aline RICO

L'ORCHESTRE

Orchestre du 3ième cycle du CRR Perpignan-Méditerranée
Orchestre symphonique Canet en Roussillon Méditerranée




Ludwig van Beethoven est né à Bonn le 16 ou le 17 décembre 1770 et mort à Vienne le 26 mars 1827.

Dernier grand représentant du classicisme viennois (après Gluck, Haydn et Mozart), Beethoven a préparé l’évolution vers le romantisme en musique et influencé la musique occidentale pendant une grande partie du XIXe siècle. Inclassable (« Vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes » lui dit Haydn vers 17931), son art s’est exprimé à travers différents genres musicaux, et bien que sa musique symphonique soit la principale source de sa popularité, il a eu un impact également considérable dans l’écriture pianistique et dans la musique de chambre.

Surmontant à force de volonté les épreuves d’une vie marquée par la surdité qui le frappe à 28 ans, célébrant dans sa musique le triomphe de l’héroïsme et de la joie quand le destin lui prescrivait l’isolement et la misère, il est récompensé par cette affirmation de Romain Rolland : « Il est bien davantage que le premier des musiciens. Il est la force la plus héroïque de l’art moderne2 ». Expression d’une inaltérable foi en l’homme et d’un optimisme volontaire, affirmant la création musicale comme action d’un artiste libre et indépendant, l’œuvre de Beethoven a fait de lui une des figures les plus marquantes de l’histoire de la musique.



La symphonie n° 9 en ré mineur, op. 125, est une symphonie en quatre mouvements pour grand orchestre, solos et chœur mixte composée de la fin de 1822 à février 1824, créée à Vienne le 7 mai 1824 et dédiée au roi Frédéric-Guillaume III de Prusse. Son finale (25 minutes environ1) est aussi long que la Huitième symphonie tout entière2 ; il introduit des sections chantées sur l'Ode à la joie (Ode an die Freude) de Friedrich von Schiller.

Cette œuvre monumentale, en laquelle Wagner voyait « la dernière des symphonies », marqua un tournant décisif dans ce style musical et est souvent considérée comme un grand chef-d'œuvre du répertoire occidental et l'une des plus grandes symphonies et musiques de tous les temps.



C’est le 7 mai 1824, au Théâtre de la Cour impériale de Vienne qu’est exécutée pour la première fois la 9ème Symphonie. Beethoven, le dos au public, est censé, selon l’annonce officielle, «prendre part à la conduite de l’orchestre» aux côtés du Chef. En réalité, enfermé dans sa surdité, il n’entend même pas les ovations enthousiastes qui saluent le Finale. Une des solistes doit l’inciter à se retourner pour qu’il prenne conscience de l’ampleur du succès.

Il a encore trois ans à vivre, qui, certes, seront remplis de nouvelles compositions et de nouveaux projets. Mais cette oeuvre tient une «place exceptionnellement centrale» dans la vie et l’oeuvre de son auteur par «l’effort de création synthétique» (Massin) qu’elle manifeste.

En effet, cette symphonie est née de la convergence de plusieurs projets d’abord indépendants et parfois fort anciens : dès 1792, à 22 ans, il veut mettre en musique «l’Ode à la Joie» de Schiller ; en 1795, il se passionne pour un thème musical, qui finalement portera le texte de Schiller dans la 9ème. En 1807, il projette une oeuvre où s’uniraient orchestre et voix ; en 1812, il décide de composer une 9ème symphonie en ré mineur. Dans les années suivantes, ces quatre projets vont progressivement fusionner, pour aboutir à une oeuvre d’un type radicalement nouveau : une symphonie avec choeur et solistes !

Sa tonalité dominante, ré mineur, exprime bien un sentiment tragique, tragique de la condition humaine, minée par la souffrance, la violence et la mort ; tragique aussi de la vie de Beethoven, profondément blessé par son infirmité, par la maladie et par ses échecs sentimentaux. Mais cette tonalité est progressivement supplantée par le ré majeur qui, en particulier dans le finale, manifeste le triomphe de la Joie et la victoire de la vie.

Conformément au modèle classique, issu de Haydn et Mozart, elle est composée de quatre mouvements. Le premier (allegro) commence par une introduction interrogative et mystérieuse, puis développe progressivement des thèmes qui évoquent à la fois «le destin qui frappe à la porte», comme disait Beethoven à propos du début de la 5ème symphonie, et l’inquiétude exprimée par le mode mineur. Le second mouvement (molto vivace) maintient ce climat soucieux, mais laisse entrevoir une première approche de la Joie. Dans le troisième mouvement (adagio), le lyrisme des phrases musicales apporte aussi un certain apaisement, et une éclaircie heureuse est nettement suggérée.

L’immense quatrième et dernier mouvement commence par une partie orchestrale qui fait alterner un récitatif de basses et des dissonances stridentes, avant l’apparition du thème musical de la Joie avec ses variations. C’est alors (2ème partie) que successivement puis ensemble, les solistes et le choeur, accompagnés par l’orchestre, entonnent le fameux Hymne. Celui-ci, en fait, n’est pas exactement le texte de «l’Ode à la Joie» de Schiller. Beethoven en a écarté notamment les allusions politiques et sociales, que la censure autrichienne n’aurait pas tolérées. D’ailleurs, c’est une «Ode à la liberté» que Schiller lui-même avait écrite initialement, et qui est devenue «Ode à la Joie», afin de contourner la censure allemande, pour qui la liberté avait des relents subversifs ! Quant à «L’Hymne à la Joie» de Beethoven, il se déploie avec une jubilation croissante, passant progressivement «de l’adoration religieuse, à la fête populaire, pour s’achever en une bacchanale échevelée» (Massin)

Ainsi se conclut cette oeuvre monumentale : comme une réponse triomphale, en ré majeur, aux interrogations tragiques du premier mouvement. «La joie est une conquête, une guerre contre la douleur» écrit Romain Rolland à propos de ce finale. Elle exprime et synthétise magistralement toutes les aspirations qui animent l’ensemble de la vie et de l’oeuvre de Beethoven : la fraternité évangélique, l’optimisme humaniste et progressiste des Lumières et l’exaltation romantique des sentiments héroïques.

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